L’âge plus discriminant que la crise du COVID pour retrouver un emploi

1 juin 2021
Discrimination des seniors

Plus on vieillit plus il est difficile de trouver ou retrouver un emploi en France.
C’est le constat d’une étude d’opinion réalisée par TeePy Job en collaboration avec Retraite.com sur la situation des personnes de plus de 50 ans sur le marché du travail.
Les seniors estiment devoir faire face à une stigmatisation par l’âge bien plus qu’aux effets de la crise sanitaire qui n’a pas encore livré toutes ses conséquences économiques.

L’étude a été menée en ligne du 15 au 21 avril 2021 auprès de 1156 français de 50 ans et plus, seniors et retraités actifs sur toute la France (toutes catégories socio-professionnelles confondues).
Alors quelle est la vision des seniors sur le marché du travail ?

Les répondants de l’enquête :

La majorité des répondants se situe dans la tranche d’âge 50 – 65 ans et pour les 2/3 ils résident dans des villes de – de 100 000 habitants réparties sur l’ensemble du territoire français même si les 5 grandes régions économiques (Ile de France, Auvergne Rhône-Alpes, Nouvelle Aquitaine, Provence Alpes Côte d’Azur et Occitanie) concentrent plus de la moitié des sondés.

Les générations nées entre 1950 et 1970 n’ont pas bénéficié de la démocratisation scolaire comme les générations suivantes. Malgré tout, 85% des interrogés de 50 à 70 ans détiennent un diplôme soit universitaire soit professionnel.

La place des seniors au sein du marché de l’emploi

Avec le vieillissement des générations du baby-boom, la population dite senior a fortement augmenté. Dans le même temps, ces seniors travaillent ou doivent travailler de plus en plus longtemps.

Plus de 43% des seniors interrogés sont sans emploi contre 30% en emploi ainsi que 27% des retraités. Parmi les retraités certains sont ce que l’on appelle des « cumulants » et leur proportion augmente sur un rythme régulier au fil des années pour atteindre 3% des retraités du régime général (source CNAV 2020). Ce n’est que la face apparente de l’iceberg.

 

Pour ceux qui sont actuellement en emploi près de la moitié exprime des souhaits et des craintes concernant la poursuite de leur activité actuelle. Et pas loin du tiers des actifs actuellement en emploi recherchent un autre emploi (28%).

Les causes du chômage ou de l’inemploi

Pour les répondants n’ayant pas d’emploi aujourd’hui les raisons de cet inemploi sont multiples.

Les seniors sont souvent écartés des évolutions professionnelles voire poussés vers la porte.

 

De plus la crise sanitaire est passée par là et l’accélération du nombre de plans sociaux (+33% au quatrième trimestre 2020) qui ciblent généralement les salariés seniors risque de ne pas arranger les choses.

Les seniors aspirent de plus en plus à continuer de travailler

Pour les répondants « sans emploi », 85% ont répondu être en recherche d’un emploi ou d’une mission en vue de compléter leur retraite. La majorité recherchant un emploi et/ou mission se situe dans les tranches d’âge 50 – 65 ans puisque cela représente 83% des sondés. Les retraités rencontrent eux aussi le besoin de trouver un emploi, le plus souvent à temps partiel, même si la proportion diminue avec l’avancée en âge. Ce qui semble logique au regard de ce qui est rappelé dans la loi portant la réforme des retraites de 2003 « le droit à un temps de repos indemnisé après le temps de l’activité professionnelle durant lequel l’assuré a cotisé dans l’optique de disposer à la fin de sa vie d’un revenu de remplacement lui garantissant un niveau de vie convenable »

Près de 70% des chercheurs d’emploi ont des difficultés à retrouver un emploi et pour plus de la moitié d’entre eux cela est même extrêmement difficile.

Cette étude nous révèle qu’une fois que les plus de 50 ans sont au chômage ils ont du mal à en sorti. Pour preuve 46% des chômeurs de la tranche d’âge 50 – 65 ans mettent plus d’1 an avant de retrouver une activité.

Le retour à l’emploi des seniors reste compliqué et devient progressivement plus difficile au fur et à mesure que l’on avance en âge.
C’est d’ailleurs pour cela que Pôle Emploi propose une protection plus longue à partir de 53 ans.

La situation des seniors face à l’emploi est paradoxale, d’un côté ils doivent travailler plus longtemps de l’autre les recruteurs ont de nombreuses réserves à les recruter.

Les seniors en recherche se voient trop souvent pénalisés par rapport à leur âge

Pour près de 74% des répondants, l’âge est le principal facteur de discrimination à l’embauche.

Loin derrière on retrouve l’impact de la crise sanitaire (36%) qui se double d’une crise socio-économique avec ses dommages collatéraux.

Plus la durée d’inactivité (> à 1 an) s’allonge et plus les répondants « perdent confiance en eux « (45%) et estiment « ne pas avoir les compétences demandées » (50%).

Les ruptures de parcours souvent liées à des périodes de chômage plus ou moins longue représentent près de 15% des cas.

Malgré les préjugés sur les seniors, l’usage d’internet est prépondérant

Le digital (81%) semble être la voie la plus privilégiée pour effectuer une recherche d’emploi. Il regroupe une quantité d’annonces très importante qui permettent de postuler directement en ligne sur les sites dédiés. Entre les sites spécialisés et les réseaux sociaux professionnels internet représente le 1er canal utilisé.
Les agences institutionnelles (Pôle Emploi, APEC…) restent utiles pour plus de 62% des chercheurs d’emploi. Et près de 50% des répondants utilise son réseau professionnel mais aussi personnel pour trouver un travail.

Les modes de recrutement ont changé, l’e-recrutement engage le dialogue avec les candidats et automatise la collecte, le tri, et la gestion des candidatures grâce à des ATS sophistiqués…

Alors le monde du travail ne veut-il plus des seniors ?

Un véritable changement d’état d’esprit doit s’opérer au sein des entreprises afin d’améliorer l’employabilité des seniors.
Malgré tout, un changement des mentalités s’amorce puisque le taux d’activité des seniors, du moins celui des 50-60 ans, progresse. Et cela même si la stigmatisation par l’âge reste le principal frein à l’embauche. La réalité économique rattrape les préjugés puisque la France se trouve confrontée à un manque de compétences, à une pénurie de main d’œuvre qualifiée. Fort de ce constat les seniors ont une carte à jouer !

Télécharger les résultats de l’enquête.

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